Road trip au Maroc en deux semaines : itinéraire complet entre l’Atlas et le désert
Quinze jours au Maroc, c’est la durée idéale. Assez longue pour traverser plusieurs mondes. Assez courte pour rester sur le qui-vive du voyage. J’y suis retourné l’an dernier au volant d’une petite citadine louée à Marrakech, avec une carte routière froissée sur le tableau de bord et zéro idée précise de mon programme.
Je suis revenu avec un itinéraire que je trouve aujourd’hui presque parfait. Il commence dans le rouge ocre de Marrakech. Il monte vers les cols du Haut Atlas. Il bascule ensuite dans le sud désertique avant de respirer un grand coup face à l’Atlantique. Voici comment l’organiser sans rien rater et surtout sans courir.
Pourquoi quinze jours est la bonne durée pour ce parcours ?
Une semaine au Maroc, c’est trop juste pour conjuguer villes impériales et désert. Trois semaines, c’est confortable mais peu de gens disposent de ce luxe. Quinze jours offrent le bon équilibre. Vous avez le temps de vous poser deux ou trois jours dans les étapes fortes. Vous gardez de la marge pour les imprévus, qui sont nombreux sur les routes marocaines.
La règle que je me suis fixée après plusieurs voyages tient en une phrase. Jamais plus de quatre heures de conduite effective par jour. Dans l’Atlas, comptez 50 km/h de moyenne réelle entre les virages serrés et les troupeaux qui traversent. Dans le sud désertique, le rythme remonte à 80 km/h sur les longues lignes droites mais le soleil tape fort. Mieux vaut partir tôt.
Le parcours total tourne autour de 1 800 kilomètres. Cela peut sembler beaucoup. Réparti sur deux semaines avec plusieurs jours de pause, c’est très tenable. Vous prenez vraiment le temps de regarder le pays défiler.
Préparer la voiture avant le grand départ
La question du véhicule revient toujours en premier. La réponse dépend de votre itinéraire. Pour le tracé que je décris ici, qui reste sur des routes goudronnées dans 95 % des cas, une citadine ou une compacte fait parfaitement l’affaire. La Kia Picanto et la Dacia Sandero sont les deux modèles les plus courants au Maroc et ils encaissent très bien les longues étapes.
Si vous prévoyez de pousser sur les pistes vers Chigaga ou des kasbahs reculées, alors le SUV s’impose. Le Dacia Duster reste la valeur sûre. Sa garde au sol et sa robustesse en font le compagnon idéal des voyageurs qui veulent sortir des sentiers balisés.
Pour la location, je passe systématiquement par les enseignes internationales avec un vrai réseau au Maroc. Hertz dispose d’une vingtaine d’agences réparties dans toutes les villes utiles du parcours, ce qui change tout en cas de pépin mécanique loin de votre point de départ. Les tarifs démarrent autour de 22 € par jour pour une citadine en basse saison, avec une assurance collision et vol incluses dans le prix. Je récupère toujours mon véhicule directement à l’aéroport. Les tarifs y sont jusqu’à 35 % moins chers qu’en centre-ville et la prise en charge se fait en quinze minutes chrono.
Petit détail qui m’a sauvé la mise un soir près de Tinghir. Vérifiez la roue de secours et l’outillage avant de quitter l’agence. C’est une habitude rapide qui peut vous éviter une nuit galère sur le bord d’une route déserte.
Pensez aussi au permis international. Le permis français suffit en théorie mais l’international évite les longues discussions avec certains agents et certains loueurs. Il se demande gratuitement en préfecture et arrive sous quelques semaines.
L’itinéraire jour par jour entre l’Atlas et le désert
Voici le découpage que je recommande après plusieurs essais. Il commence et finit à Marrakech, ce qui simplifie la logistique de la location. Vous récupérez votre voiture à l’aéroport en arrivant. Vous la rendez au même endroit en repartant. Aucune surcharge pour aller simple, aucune contrainte horaire le jour du vol retour.
Jours 1 à 3 : Marrakech, l’apprivoisement
Marrakech mérite trois nuits pleines. Pas une de moins. Le premier jour suffit à peine pour s’orienter dans la médina. Vous découvrirez la place Jemaa el-Fna en fin d’après-midi quand les conteurs et les vendeurs de jus d’orange prennent possession des lieux. La lumière y est magique vers 18 h.
Le deuxième jour, partez tôt vers le Palais de la Bahia et la médersa Ben Youssef récemment rouverte. L’après-midi, filez aux jardins Majorelle puis au musée Yves Saint Laurent juste à côté. Réservez votre billet la veille en ligne pour éviter la file d’attente.
Le troisième jour, levez le pied. Un hammam traditionnel le matin, un déjeuner sur une terrasse de riad, un dernier passage dans les souks pour les achats. Vous allez avoir besoin de cette pause avant de reprendre la route.
Jour 4 : La traversée du Tizi n’Tichka
Départ matinal pour la plus belle route du pays. Le col du Tizi n’Tichka grimpe à 2 260 mètres à travers le Haut Atlas et offre des panoramas qui justifient à eux seuls le voyage. Comptez quatre heures pour rallier Aït Ben Haddou en prenant votre temps, avec plusieurs arrêts photo dont un obligatoire au sommet du col.
Aït Ben Haddou se découvre en fin d’après-midi quand le ksar prend des reflets dorés. Dormez sur place. Le village est minuscule, vide de touristes après 18 h. C’est précisément là que la magie opère. Le lendemain matin, vous aurez le site quasiment pour vous avant l’arrivée des cars.
Jour 5 : Ouarzazate et la vallée du Drâa
Une demi-journée à Ouarzazate suffit. Visitez les studios Atlas si le cinéma vous intéresse, sinon le détour n’est pas indispensable. La kasbah Taourirt vaut en revanche le coup d’œil. L’oasis de Fint, à vingt minutes au sud, offre un contraste saisissant entre la sécheresse minérale et la végétation luxuriante.
Reprenez la route en début d’après-midi vers Skoura et la palmeraie classée. Si vous avez de l’énergie, poussez jusqu’à Boumalne Dadès pour dormir au pied des gorges.
Jours 6 et 7 : Les gorges du Dadès et du Todgha
Ces deux gorges méritent chacune leur journée. Celle du Dadès se mérite. La route serpente entre des falaises ocre qui se referment au fur et à mesure que vous remontez la vallée. Les célèbres lacets photographiés sur Instagram se trouvent au kilomètre 27 environ depuis Boumalne.
Les gorges du Todgha, plus connues, accueillent davantage de visiteurs. Allez-y tôt le matin pour profiter de la fraîcheur et du silence. Les falaises atteignent 300 mètres de haut par endroits. C’est impressionnant. Plusieurs sentiers de randonnée partent du fond de la gorge pour les marcheurs.
Jours 8 et 9 : Merzouga et l’Erg Chebbi
Le moment fort du voyage approche. La route depuis Tinghir vers Merzouga traverse des paysages lunaires sur près de 250 kilomètres. Faites le plein avant de partir et emportez de l’eau. Les stations-service se font rares dans cette zone.
Une fois sur place, choisissez bien votre bivouac dans le désert. Les options vont du campement basique avec tente berbère traditionnelle au camp de luxe avec tente climatisée et lit king size. Mon conseil tient en une phrase. Privilégiez un campement éloigné du village pour vraiment ressentir le silence du Sahara.
La sortie en dromadaire au coucher de soleil est devenue un cliché mais elle reste magique. Le ciel étoilé qui suit la nuit dans le désert est une expérience qu’on n’oublie pas. Loin de toute pollution lumineuse, la Voie lactée se déploie comme nulle part ailleurs.
Jour 10 : Le retour vers Marrakech par la route N9
Longue journée de transition. Comptez huit heures de route depuis Merzouga jusqu’à Marrakech en passant par Ouarzazate. Vous referez la traversée du Tizi n’Tichka mais dans l’autre sens, ce qui change complètement les perspectives sur l’Atlas. Prévoyez un déjeuner pique-nique pour ne pas perdre de temps.
Si vous préférez fractionner, faites étape à Ouarzazate et coupez la route en deux. Le voyage gagne en confort ce qu’il perd en intensité.
Jours 11 à 13 : Essaouira et la côte Atlantique
Changement total d’ambiance. Trois heures de route séparent Marrakech d’Essaouira et le contraste avec le désert est saisissant. La cité portuaire vous accueille avec ses alizés permanents, ses remparts ocres et ses mouettes bruyantes. On pose ses bagages, on respire, on ralentit.
La médina se parcourt en une demi-journée. Les remparts du Skala offrent l’un des plus beaux couchers de soleil du pays. Le port reste actif et coloré avec ses barques bleues alignées. Pour le déjeuner, achetez votre poisson directement aux pêcheurs et faites-le griller sur place dans l’un des petits restaurants du port.
Une journée complète ne sera pas de trop pour traîner sur la longue plage de Sidi Kaouki à vingt-cinq kilomètres au sud. C’est l’un des spots de surf et de kitesurf les plus populaires du Maroc, parfait aussi pour ceux qui veulent juste marcher au bord de l’eau.
Jour 14 : Retour à Marrakech et restitution du véhicule
Quittez Essaouira sans vous presser. La route du retour passe par la forêt d’arganiers où vous croiserez peut-être les célèbres chèvres grimpées dans les arbres. Spectacle insolite mais photogénique. Méfiance toutefois, beaucoup d’arbres en bord de route sont mis en scène par les locaux qui demandent ensuite un petit billet.
Restituez le véhicule à l’aéroport de Marrakech avec deux heures d’avance sur votre vol. La procédure est rapide mais la circulation autour de l’aéroport peut être chargée en fin d’après-midi.
Quel budget prévoir pour ce road trip ?
Le Maroc reste une destination accessible. Pour quinze jours, comptez entre 900 € et 1 500 € par personne hors vol. La fourchette dépend essentiellement du standing des hébergements et du nombre de repas pris dans les bons restaurants.
La voiture représente environ 350 € à 450 € pour deux semaines en basse saison sur une citadine, assurance comprise. L’essence revient à 14 dirhams le litre actuellement, soit 1,27 € environ. Sur 1 800 kilomètres parcourus avec une consommation moyenne de 6 litres, le budget carburant tourne autour de 140 €.
Les péages restent symboliques. Comptez moins de 20 € pour l’ensemble du voyage. L’hébergement va du riad simple à 25 € la nuit en chambre double aux maisons d’hôtes haut de gamme à 100 €. Côté restauration, un tajine en bord de route coûte 6 € à 8 €, un dîner dans un bon restaurant de Marrakech vous reviendra à 25 € par personne.
Quelques conseils pratiques pour rouler sereinement
La conduite au Maroc demande une vraie adaptation. Les ronds-points fonctionnent souvent à l’envers du système français, avec priorité à celui qui entre dans certains cas. Restez calme et observez deux ou trois rotations avant de vous engager. La règle d’or consiste à imiter le rythme local.
Évitez de rouler la nuit autant que possible. L’éclairage des routes secondaires est inexistant, les vélos circulent souvent sans feux et les troupeaux peuvent surgir n’importe où. Une journée bien remplie se finit avant 18 h en hiver, 20 h en été.
Concernant les contrôles routiers, ils sont fréquents mais cordiaux. Présentez vos papiers avec le sourire et restez courtois. Tout se passe bien. Les radars existent et les amendes pour excès de vitesse sont à régler immédiatement en espèces. Respectez scrupuleusement les 60 km/h dans les villages traversés, c’est là que la plupart des contrôles se concentrent.
Dernière astuce qui m’a beaucoup servi. Téléchargez les cartes de la région concernée sur Google Maps avant chaque étape. Vous aurez la 4G dans la plupart des villes mais le réseau disparaît parfois sur les longues sections désertiques.
Quelle est la meilleure période pour ce voyage ?
Le printemps et l’automne sont les deux fenêtres idéales. Entre mars et mai, les températures sont douces partout, les amandiers fleurissent dans l’Atlas et les paysages restent verts. Octobre et novembre offrent un climat similaire avec une lumière d’automne particulièrement belle dans le désert.
L’été est très chaud dans le sud. Les températures dépassent fréquemment 45 °C à Merzouga en juillet et août. La nuit dans le désert reste agréable mais les journées deviennent difficiles. L’hiver fonctionne bien pour le sud désertique mais l’Atlas peut être enneigé et certains cols ferment temporairement.
Mon conseil personnel va clairement vers le mois d’avril. Les températures sont parfaites du nord au sud, les sites touristiques restent peu fréquentés avant la haute saison et les tarifs de location de voiture restent doux. C’est la fenêtre parfaite.
Le Maroc se prête au road trip comme peu de pays le font. La diversité des paysages tient sur quelques centaines de kilomètres. Les routes sont globalement bonnes et le réseau d’agences de location couvre tout le territoire. Préparez votre itinéraire sans le surcharger. Gardez de la marge pour les rencontres et les détours imprévus. Laissez le pays vous surprendre. Vous reviendrez avec des images plein la tête et probablement l’envie d’y retourner pour explorer ce que vous n’aurez pas eu le temps de voir.



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